Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

policultures

Arts, cinéma, culture


WALKABOUT (LA RANDONNEE), INITIATION AUSTRALIENNE

Publié le 11 Avril 2026, 16:31pm

Son titre français, La randonnée, traduit mal la richesse de ce film qu’exprime plus justement son titre original, Walkabout. Le walkabout, c’est le moment initiatique auquel doit se soumettre un jeune aborigène australien. Dans sa traversée du désert, le bush, pendant laquelle il doit survivre en se nourrissant des ressources animales et végétales de la nature, il va croiser deux jeunes blancs, une adolescente et son petit frère, eux-mêmes perdus sans beaucoup de défenses dans ce terrain qui leur est totalement hostile. Alors se rencontrent deux univers qu’unit un simple sentiment d’humanité. Walkabout raconte cette rencontre, matière  bien entendu à mise en perspective de deux sociétés. 

Le film, réalisé par le Britannique Nicolas Roeg, date de 1971. Il avait alors été présenté à Cannes. Il ressort cette semaine sur les écrans français. Son personnage principal, est-on tente de dire d’abord, est le désert, tant celui-ci est magnifiquement photographié et sublimé dans l’éclat du cinémascope. Il est là dans sa beauté,  dans le foisonnement de sa vie animale, mais aussi dans sa dureté implacable sous un soleil brûlant et l’absence d’eau. 

Mais ce décor est inséparable du propos du film, son message d’ensauvagement de la société urbaine blanche, son incapacité à vivre avec la nature et à la respecter. Le message est un peu appuyé, mais il voulait être efficace et il y réussit. Nicolas Roeg y fait preuve d’une grande maîtrise de son récit.

Et puis, il y a les trois héros du film, dont le réalisateur fait un portrait sensible. Il y a peu de mots entre des personnages qui ne parlent pas la même langue. Tout est donc dans les gestes, les attitudes, les expressions des visages. Jen

ny Agutter, dans le rôle de la fille, y était belle et émouvante dans sa jeunesse. L’actrice britannique était, à dix-sept ans, au début d’une belle carrière qui la conduisit notamment jusqu’à Avengers en 2012. A ses côtés, le tout jeune Luc Roeg, magnifique de naturel dans un rôle de passeur entre civilisations, et qui joue avec la confiance qu’avait bien dû savoir lui donner son réalisateur de père.  Le jeune aborigène, David Goulpilil, a commencé avec ce film une carrière d’acteurs qui en a fait un pionnier de sa communauté.

Nicolas Roeg (1928- 2018) a commencé par une solide carrière de chef opérateur, notamment aux côtés du Truffaut de Fahrenheit 451, et ce métier se voit dans sa réalisation de Walkabout.  Dont il faut bien dire, en fin de compte, que c’est le style très personnel, à la narration comme à l’image faussement classiques, à l’histoire menée comme un conte, qui laissent la trace la plus profonde.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents